Un client qui vous écrit à 22 h, trois publications « urgentes » en plus, une validation qui traîne depuis deux semaines : le forfait mensuel d'un CM freelance se dégrade souvent par petites touches, jamais d'un coup. Voici comment le construire pour qu'il tienne dans la durée, sans transformer chaque échange en négociation.
Que doit contenir le forfait, concrètement ?
Un forfait n'est pas un prix : c'est un périmètre avec un prix. Ce qui évite les malentendus, c'est de tout écrire en unités que le client peut compter :
- le nombre de publications par réseau et par mois ;
- le nombre de visuels ou de vidéos créés, et ce qui reste à fournir par le client ;
- la modération et les réponses aux avis : quels jours, avec quel délai ;
- le rapport mensuel : une fois, sous quelle forme ;
- ce qui est hors forfait : une campagne publicitaire, un shooting, un événement, une urgence.
Un exemple de ligne de devis qui se comprend sans explication :
8 publications Instagram/Facebook par mois, 2 posts Google par mois,
réponse aux avis sous 48 h ouvrées, 1 rapport mensuel.
Hors forfait : publicité, création de vidéos, demandes urgentes (sous 24 h).
Un forfait précis rassure le client autant que vous : il sait ce qu'il achète, vous savez ce qu'on ne peut pas vous demander gratuitement.
Comment traiter les demandes qui sortent du cadre ?
Ne dites pas non, dites « oui, en option ». Une phrase simple suffit : « Ce n'est pas dans le forfait, je vous envoie un devis pour cette demande. » Le client comprend que son forfait a une valeur, et vous évitez la dérive qui transforme, mois après mois, un forfait de 8 publications en 14.
Prévoyez aussi un mécanisme de révision : un point tous les trimestres pour ajuster le périmètre et le prix, plutôt que de laisser le travail grossir sans que le tarif suive.
Comment sécuriser la validation ?
Le retard du client est la première cause de forfait « avalé » : vous attendez, vous relancez, vous décalez, et les publications partent la veille. Inscrivez dans le devis le délai de validation et ce qui se passe en l'absence de réponse. Notre article sur faire valider ses publications sans courir après ses clients détaille le principe.
Que dit la loi sur les délais de paiement ?
Entre professionnels, le délai de paiement par défaut est de 30 jours, selon Bpifrance Création. Les parties peuvent convenir d'un délai plus long, dans la limite de 60 jours à compter de l'émission de la facture, ou 45 jours fin de mois. Pour les factures périodiques, comme un forfait mensuel, le délai maximum est de 45 jours à compter de l'émission.
Les pénalités de retard et l'indemnité forfaitaire de 40 € pour frais de recouvrement doivent figurer dans les conditions générales de vente ou sur la facture pour être applicables. Bpifrance Création précise que les pénalités courent à partir du lendemain de la date de règlement. Cette mention est facile à oublier lorsqu'on démarre : vérifiez vos modèles.
Pour le détail de votre situation (régime fiscal, TVA, facturation électronique), rapprochez-vous de votre comptable ou des sites officiels, car ces règles évoluent.
Et la propriété des contenus ?
C'est le point que les freelances oublient le plus souvent. Selon Justice.fr, la cession de droits d'auteur doit être écrite et préciser l'étendue des droits cédés, leur destination, le territoire et la durée. Sans cela, le client n'a pas de droit général d'exploiter vos créations. Prévoyez une clause simple dans le devis, et dites si la cession vaut pendant le forfait seulement ou au-delà. Le droit moral, lui, ne peut pas être cédé. Pour un contrat à fort enjeu, faites relire la clause.
Quelle place pour les données du client ?
Si vous accédez aux messages privés, à des listes de contacts ou à des données de clients finaux, la CNIL rappelle que le sous-traitant doit être encadré par un contrat avec le responsable de traitement. Mieux vaut le prévoir dès le devis que de le découvrir lors d'une question du client.
Où se situe la frontière avec le salariat ?
Si un seul client représente toute votre activité et vous impose horaires, réunions et consignes de détail, la frontière avec le salariat se brouille. Le critère principal est le lien de subordination, rappelle la fiche du Code du travail numérique, et il s'apprécie sur les faits. Avoir plusieurs clients et rester maître de votre organisation vous protège aussi.
Avec LyiApp
LyiApp est facturé par client géré, sans engagement, avec des utilisateurs illimités : de 4 à 6 clients en formule Réseaux sociaux, par exemple, chaque client revient à 44 € par mois. C'est un coût à intégrer dans votre forfait, comme n'importe quel outil. Il vous donne en échange la validation client avec date limite, des rapports rédigés en un clic que vous relisez avant l'envoi, et une publicité Meta que le client paie directement à Meta. Les détails sont sur la page freelances et les tarifs. Pour voir ce que cela donne sur vos clients, réservez une démo : indiquez-nous un prospect lors de la démo, nous réalisons son audit en direct.
À retenir
- Un forfait, c'est un périmètre écrit et chiffrable, avec une liste de ce qui est hors forfait.
- Répondez aux demandes hors cadre par un devis, pas par un refus.
- Inscrivez le délai de validation, le délai de paiement, les pénalités de retard et l'indemnité de 40 € dans vos documents.
- Cédez les droits par écrit, avec étendue, destination, territoire et durée.
- Gardez plusieurs clients et votre autonomie : c'est aussi ce qui protège votre statut.